Arnaques en vacances : comment les reconnaître et s’en protéger (guide 2026)

Security Awareness
3 août 2026
truffe e vacanze 2026

Les vacances sont le moment où nous baissons la garde. Les escrocs le savent depuis des années.

Il existe une statistique qui devrait figurer dans les dépliants des agences de voyage, juste sous le prix du vol : plus de 4,3 millions d’Italiens ont été victimes d’une arnaque ou d’une tentative de fraude lors de la réservation de leurs vacances, avec un préjudice économique global dépassant les 195 millions d’euros, selon l’enquête Facile.it menée par l’institut EMG. Il ne s’agit pas de l’arnaque classique sur un marché : c’est un secteur criminel saisonnier, aussi productif que le tourisme qu’il exploite.

La raison est simple et nullement mystérieuse : celui qui réserve un voyage se trouve déjà dans une condition psychologique favorable à l’escroc. Il est excité, pressé, veut conclure l’affaire avant que le prix n’augmente, et surtout s’apprête à quitter son environnement habituel, où les contrôles, mentaux et numériques, sont plus relâchés. Le touriste est, du point de vue de celui qui conçoit une arnaque, la cible idéale : motivé, distrait et temporairement sans filet de sécurité.

La maison de vacances qui n’existe pas

Le type d’escroquerie le plus courant reste celui de la structure d’hébergement inexistante, qui a touché plus de 3,4 millions d’Italiens au cours des 12 derniers mois. Le mécanisme est presque toujours le même : une annonce alléchante, un prix un peu trop avantageux, la demande d’un virement anticipé pour bloquer la date. L’arnaque n’est pas toujours découverte à temps : 31 % des victimes parviennent à identifier la tromperie avant de partir, mais plus d’un million d’Italiens ne la découvrent qu’après avoir atteint la destination, avec toutes les conséquences que cela implique en termes de valises à la main et aucun endroit où dormir. Environ 440 000 voyageurs se sont retrouvés dans un logement complètement différent de celui présenté dans l’annonce, tandis que près de 389 000 ont trouvé la structure déjà occupée par d’autres hôtes, signe que la même arnaque est souvent revendue à plusieurs victimes en parallèle.

Cela fonctionne particulièrement bien également avec les croisières et les forfaits qui prévoient un acompte et un solde ultérieur : le temps qui s’écoule entre les deux paiements est exactement l’espace dans lequel l’escroc a le temps de disparaître. Pas besoin de technologie sophistiquée, il suffit d’une ingénierie sociale appliquée à la logistique du paiement échelonné.

Les canaux que les escrocs préfèrent

Les portails de réservation de vacances, authentiques ou contrefaits, restent le canal le plus exploité : plus de 1,7 million de vacanciers sont tombés dans le piège par le biais de ces outils. Suivent les arnaques véhiculées par les réseaux sociaux, qui représentent 39,3 % des cas, et celles sur les portails immobiliers ou d’annonces généralistes, avec 23,2 %. Même la bonne vieille affiche placardée dans la rue continue de faire des victimes, bien qu’à une échelle moindre.

Il existe ensuite un détail qui renverse un préjugé courant : ce ne sont pas les personnes âgées la cible la plus fréquente. Selon la Police Postale, la tranche d’âge la plus touchée est celle des 18-24 ans, tandis que les plus de 65 ans ne représentent qu’une petite partie des victimes, environ 5 % du total. L’explication n’est pas la naïveté liée à l’âge mais l’habitude : ceux qui ont grandi en réservant tout depuis leur smartphone ont tendance à sauter les contrôles, précisément parce que le geste est devenu trop familier pour sembler risqué.

La carte SIM que vous ne devriez pas acheter à la gare

Ceux qui voyagent à l’étranger et veulent éviter le roaming achètent souvent une carte SIM locale, peut-être juste à la sortie de l’aéroport ou près de la gare. Et c’est précisément là que circulent des cartes SIM presque vides de trafic de données, proches de l’expiration ou, dans les pires cas, volées ou enregistrées au nom d’autres personnes. La solution la plus sensée, lorsque le téléphone le permet, est l’eSIM d’un opérateur fiable, activable avant même de partir : elle élimine le passage physique et avec lui une bonne partie du risque.

Le portefeuille dans la mauvaise poche

Il existe ensuite le risque le plus ancien de tous, celui qui n’a pas besoin d’un ordinateur : le pickpocket. Gares bondées, zones de bagages, files d’attente à l’embarquement : ce sont des environnements où le contact physique fortuit est la norme, donc aussi le prétexte parfait pour ceux qui travaillent de poche. Portefeuille dans la poche avant, sac en bandoulière et fermé : des précautions banales qui restent incroyablement efficaces précisément parce que presque personne ne les applique avec constance.

La clé copiée pendant que vous étiez à la mer

Le dernier scénario est peut-être le plus inquiétant car il touche l’espace qui devrait être le plus sûr : la maison en location. Des cas ont été documentés de personnes qui louent une propriété via des plateformes de locations de vacances, copient la clé physique et rentrent dans l’appartement lorsque les hôtes suivants sont sortis visiter la ville. La contre-mesure n’est pas la méfiance généralisée envers la location courte durée, mais un choix technique précis : privilégier les structures avec serrure numérique ou code qui change à chaque réservation.

Pourquoi il convient de former également ceux qui ne travaillent pas au bureau

Il existe un point qui échappe souvent à ceux qui s’occupent de sécurité informatique en entreprise : la formation sur le risque s’arrête presque toujours au bureau, et la technologie est traitée comme un problème séparé du comportement des personnes. Mais l’employé qui reconnaît un e-mail de phishing pendant les heures de travail est le même qui, en vacances, peut tomber dans une arnaque de réservation, parce que personne ne lui a jamais expliqué que les mêmes dynamiques (urgence, confiance mal placée, distraction) fonctionnent de manière identique en dehors du bureau.

C’est le raisonnement sur lequel nous construisons notre approche : nous croyons que la technologie bloque les malwares, mais que le facteur humain reste le vecteur de risque principal, et que les deux plans (protection technique et comportement des personnes) doivent travailler ensemble, et non en parallèle. C’est pourquoi notre plateforme combine une protection e-mail multiniveau, capable d’intercepter les tentatives de phishing avant qu’elles n’atteignent la boîte de réception, à une formation continue qui ne s’épuise pas dans un cours isolé, des simulations de phishing adaptatives et un score de risque qui réunit ce qui se passe dans la boîte e-mail avec ce que les personnes apprennent à reconnaître. Il ne s’agit pas de sensibilisation d’un côté et de sécurité technique de l’autre ; c’est une infrastructure unique qui entraîne le réflexe de défense, tant au bureau qu’à l’aéroport.

Le point opérationnel à retenir

Avant de partir, trois choses concrètes : activer une eSIM au lieu d’acheter une carte SIM physique dans la rue, vérifier que le logement réservé dispose d’une serrure numérique ou en tout cas d’un code non réutilisable, et traiter chaque demande d’acompte pour des événements ou des croisières avec la même méfiance que l’on réserverait à un e-mail du « chef » qui demande un virement urgent.

Les vacances servent à décrocher mentalement, pas à éteindre le jugement critique : celui-ci doit rester allumé, surtout lorsque les valises sont déjà faites.

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